Theodora, Haendel

mise en scène de Stephen Langridge

L’intention dramaturgique de Stephen Langridge

Pour Stephen Langridge, Theodora est une œuvre sur la foi et la liberté religieuse. L’action se passe à l’époque de Dioclétien, un despote qui a initié l’une des plus terrifiantes campagnes de persécution contre les chrétiens dans l’Empire Romain. C’est un monde brutal, autocrate et décadent ; un monde opulent où l’argent est presque un objet de culte et où quiconque qui ne partage pas les croyances officielles risque d’être tué ou torturé.

Dans cette œuvre, il s’agit autant de ce que l’on rejette que de ce à quoi on choisit de croire. Il s’agit d’une illustration de l’humain et de ses combats, plutôt que d’une situation politique. En un sens, savoir si les personnages dans l’opéra sont chrétiens ou non n’est pas important. Ce qui l’est, c’est qu’ils rejettent cette société violente, autocratique et décadente.

La situation où le lien entre la religion et la structure politique se resserre et est renforcé par une violence grandissante n’est pas sans faire écho à l’actualité. Mais Stephen Langridge ne souhaite pas faire ce parallèle sur scène – chaque spectateur le fera pour lui-même.

Le décor d’Alison Chitty

La scénographie moderne et raffinée déroule l’intrigue en une série de scènes qui se suivent rapidement, presque d’une façon cinématographique. Par le biais de ce décor d’architecture abstraite mobile, Stephen Langridge a recherché la fluidité des enchaînements entre les tableaux.  Ces déplacements font parfois coexister plusieurs espaces différents sur le plateau.

Le décor pourrait évoquer tant Antioche à l’époque de Dioclétien que la ville d’Antiokya d’aujourd’hui. Pour rendre cette intemporalité, Alison Chitty a choisi de réaliser le décor dans une matière rappelant la texture et la couleur d’un caillou trouvé lors de sa récente visite à Antiokya.Les costumes sont, eux aussi, symboliques, et ne cherchent pas à inscrire l’œuvre dans une époque particulière.

Documentation disponible