Tancrede

mise en scène de Jacques Osinski

Dans la Sicile du XIe siècle, Tancrède, héros de Syracuse rentré d’exil par amour, part en guerre contre les Sarrasins, désespéré de se croire trahi par celle qu’il aime.

La mise en scène de Jacques Osinski situe l’intrigue dans le monde politique contemporain. Ce monde reste, tel qu’il apparaissait déjà chez Voltaire et Rossini, un univers presque exclusivement masculin où les femmes sont tenues à l’écart tant des négociations d’une alliance que de la compréhension même de ses enjeux. Les clans siciliens se transforment en autant de partis politiques, et les rapports entre l’amour, la politique et la guerre se libèrent du poids du Moyen Age pour venir s’inscrire à l’intérieur d’une ambassade dans un pays en guerre. Ce palais est un lieu de résidence, mais avant tout un lieu de décision : les députés scellent le destin d’Aménaïde, fille de leur chef de file, en approuvant son mariage avec le leader d’une des factions adverses. Aménaïde, retenue par son sens de devoir, se plie à ce vote.

Le décor modulable de Christophe Ouvrard propose, suivant le livret, un lieu nouveau à chaque scène, tandis que les lumières de Catherine Verheyde distinguent espaces publics et moments d’intimité. Un labyrinthe aux murs mobiles fait apparaître salles d’apparat et antichambres, bureaux officieux, salles d’interrogatoire et pièces cachées où la vie intime des héros se déroule loin des regards, jusqu’à ce qu’un espace fantasmé n’accueille la mort de Tancrède.