Macbeth, Verdi

mise en scène de Mario Martone

Mise en scène et dramaturgie

 

Un cavalier montant un étalon noir vient annoncer l’arrivée du roi Duncan, bientôt assassiné. Le noir, couleur funeste percée de quelques traits de lumière, enveloppe le plateau. Le chœur n’est qu’une voix, guère une présence, les personnages apparaissent, sculptés par la lumière… Mais lorsque la révolte contre le tyran prend forme, le spectacle apparaît tel un négatif, le noir est blanc. Un étalon blanc survient, présageant le dénouement… Les inspirations de la mise en scène de Mario Martone sont plurielles, au confluent de théâtre, de cinéma et d’opéra. « Macbeth est un opéra qui se prête beaucoup à la dimension cinématographique, à ce mélange d’images de théâtre et de cinéma« .

« Macbeth de Shakespeare produit des symboles, des images qui font partie de nous, explique Martone. Macbeth en tant que personnage n’est pas un monstre au-delà de la dimension humaine, mais représente quelque chose qui se trouve à l’intérieur de chaque homme. Le démon est dans chaque être humain, démon avec lequel il faut compter.« .

 

Macbeth n’est pas un opéra sur le pouvoir: c’est de la relation sadomasochiste entre Macbeth et sa femme, et de la folie respective des deux personnages que naît toute l’œuvre. « Ici aussi Shakespeare touche à quelque chose d’important: il touche au couple. Le couple est un lieu, une situation où les êtres humains peuvent donner le meilleur comme le pire d’eux-mêmes. » Martone cherche alors à voir ce qui, à l’intérieur de ces symboles et de ces situations, survit à l’intérieur de nous, dans notre inconscient. Le plateau tissé de lumière et de projections devient alors cet inconscient, « le lieu de l’âme« .

 

On retrouvera, sur scène, cette particularité de l’inconscient où lieux et époques se mélangent dans un amalgame qui ne fait sens qu’en rêve. Ainsi, le plateau sera habité de personnages historiques, monstres, femmes évanescentes et cavaliers à cheval surgissant de l’obscurité. Et de présages: une forêt projetée sur tulle blanc prédit la chute de Macbeth lorsqu’elle se transforme en branches calcinées, et la robe rouge sang de Lady Macbeth annonce déjà la « macchia maledetta« , cette tâche maudite.