Les Noces de Figaro, Mozart

mise en scène de James Gray

L’intention dramaturgique de James Gray

Grand connaisseur de l’opéra et admirateur de Mozart et Da Ponte, James Gray a choisi, pour sa première mise en scène d’opéra, de suivre les indications contenues dans le livret et la musique et de situer l’intrigue à la fin du XVIIIe siècle afin de mieux concentrer l’attention des spectateurs sur les émotions des personnages et les relations qui les lient.

« Mozart vit musicalement ses personnages avant tout comme des êtres de chair et désir« , dit James Gray, « et les personnages [de Da Ponte] incarnent plus des émotions que des idées, si révolutionnaires soient-elles« .

« Finalement nos émotions, nos désirs, nos motivations ne sont pas si éloignés de celles et ceux de l’époque de Mozart. » En utilisant la salle et les deux prosceniums latéraux pour faire évoluer ses personnages au milieu de public, James Gray cherche à provoquer une intimité et une identification entre les spectateurs et les personnages.

La scénographie

Pour sa scénographie, Santo Loquasto a choisi des tons ocres unis, qui font mieux ressortir les couleurs et les détails des costumes. Suivant les didascalies, le 1er acte se déroule dans la future chambre de Suzanne et Figaro, le deuxième, dans le boudoir de la Comtesse, le 3e, au pied d’un escalier monumental, et le dernier, dans un jardin qui n’est pas sans rappeler ceux de Séville (après tout, c’est là que se déroule l’action !) Bertrand Couderc à la lumière sculpte les décors pour transformer chacun des instants en un plan digne du cinéma.

Les costumes de Christian Lacroix. correspondent, eux aussi, à l’époque et au lieu : fin du XVIIIe siècle, Séville. « Plus Goya que Marie-Antoinette« , les costumes du Comte et de la Comtesse abondent en détails luxuriants, dont la richesse progresse au fil de l’œuvre. Pour le dernier acte et l’échange d’habits entre la Comtesse et Suzanne, Christian Lacroix a jeté son dévolu sur un domino pourpre identique.

Dans la presse

(…) On a pris un immense plaisir, plaisir partagé par le public, à voir ces « Noces de Figaro » dans leur environnement original, l’Espagne du XVIIIe siècle (…) merveilleusement restititués par les costumes somptueux de Christian Lacroix et l’éclairage délicat de Bertrand Couder (…)

Mise en scène réglée avec (…) minutie et délicatesse (…)

Philippe VenturiniLes Echos

Les « Noces » vif argent

Une mise en scène traditionnelle, sobre et fidèle au texte. (…) scénographie évocatrice de Sandro Loquasto et beaux costumes de Christian Lacroix (…), direction d’acteurs au cordeau de James Gray (…)

Bruno SerrouLa Croix

La direction d’acteurs regorge de trouvailles qui amusent ou émeuvent dans l’instant, tandis que leurs déplacements sur le plateau relèvent d’une stratégie de long terme dans laquelle les accessoirent jouent une place de choix (…)

Pierre GervasoniLe Monde

James Gray et « Les Noces de Figaro » : heureux mariage !

Au moment où les metteurs en scène d’opéra font leur cinéma et meublent de vidéos une scénographie inexistante, il est réjouissant de voir un grand cinéaste passer de l’écran à la scène lyrique.

Michel SchneiderLe Point

Documentation disponible