La Traviata, Verdi

mise en scène de Deborah Warner

L’intention dramaturgique de Deborah Warner

La proposition de Deborah Warner est de montrer comment les vivants et les mourants peuvent coexister et en quelque sorte « s’imbriquer » les uns dans les autres – deux réalités qui se jouent simultanément, créant dans la conscience du public un fil rouge tout au long du spectacle, celui de la lucidité de Violetta sur sa mort à venir.

Deux Violetta – l’une chante, l’autre est muette – se disputent et interfèrent dans la rêverie de l’une et de l’autre, brouillant parfois les frontières entre les mondes du réel et de l’imaginé. Violetta mourante a un double silencieux, joué par l’actrice et danseuse Aurélia Thierrée. Des danseurs et des comédiens interviennent ainsi tout au long du spectacle, en parallèle à l’action principale.

Dans la scène de la fête chez Flora, Deborah Warner explore la qualité hallucinogène de la scène où les joyeux festoyeurs semblent faire irruption dans la conscience de Violetta alors qu’elle se meure. La metteur en scène est également particulièrement attentive à certains personnages secondaires comme par exemple Annina, la camériste de Violetta, qui, malgré sa fonction, n’apaise en rien les tourments de l’héroïne.

La scénographie et les costumes

Les costumes imaginés par Chloé Obolensky évoquent la mode de l’après-guerre, de la fin des années 1940 au début des années 1950, une époque où la tuberculose, dont Violetta souffre dans l’opéra, reste encore synonyme d’une condamnation à mort.

Le principe visuel s’inspire naturellement de la musique. Prenant doublement le Prélude et son écho à l’ultime scène comme point de départ, ce spectacle entreprend un voyage à la découverte d’un paysage de rêve où les vivants et les mourants fusionnent. L’évocation de la mort de Violetta à travers la présence des aide-soignants et des éléments évoquant l’hôpital, est omniprésente. La dualité des deux Violetta est encore plus soulignée par les lumières conçues par Jean Kalman.

Dans la presse

…une direction d’acteur soignée, des costumes élégants, les lumières poétiques (…)

Marie-Aude RouxLe Monde

Production élégante et subtilement éclairée

Christian MerlinLe Figaro

Il y a beaucoup d’élégance (superbes costumes années 1940/50 de Chloé Obolensky) et de belles trouvailles dans sa Traviata, comme ce double malade (et muet) de Violetta, incarné avec grâce et vigueur par la comédienne et danseuse Aurélia Thierrée (…).

Sophie BourdaisTélérama

Etre surpris – et touché – par une Traviata n’est pas si fréquent (…)
De bout en bout l’idée touche par sa pertinence et le soin apporté à sa réalisation, y compris dans la direction d’acteurs, le portrait des chœurs, masse serrée dont la beauté (splendides costumes New Look de Chloé Obolensky) ne peut cacher l’asphyxiant voyeurisme (…).

Chantal CazauxAvant-Scène Opéra

Documentation disponible

  • Programme de salle : voir le pdf
  • Articles : voir ici (réactions presse et public, introduction de Michel Franck, articles de fond)